Beaumarchais

sols imperméables

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Artificialisation 1

Trait fleuri transp

OCTOBRE 2018

Ces trente dernières années, l'artificialisation des sols a conservé un rythme soutenu. Compte tenu de l'ampleur de ce phénomène et de ses effets environnementaux négatifs, le Plan Biodiversité présenté par le Gouvernement le 4 juillet dernier fixe un objectif de « zéro artificialisation nette ».

Le CGDD identifie dans ce cadre une typologie des communes qui ont artificialisé pendant la dernière décennie et mentionne des exemples de gisements de réduction de l'artificialisation, en particulier dans les zones sans tension sur le marché du logement.

LE RYTHME D’IMPERMÉABILISATION DES SOLS EST SOUTENU

L’imperméabilisation des sols est une manière de mesurer l’artificialisation. Elle est définie ici comme portant sur les surfaces nouvellement bâties et revêtues, selon la nomenclature Teruti-Lucas (cf. encadré 1). Elle désigne ainsi un phénomène plus restrictif que l’artificialisation mesurée par un indicateur qui comprend également les surfaces perméables de type espaces verts, jardins, ou encore carrières.

Artificialisation 2

Depuis le début des années 1980, le rythme d’imperméabilisation (en termes de sols nouvellement imperméabilisés chaque année) est constant, voire augmente, sur la dernière décennie observée (voir figure 1). Comparées à la démographie qui est un facteur déterminant de l'artificialisation, les surfaces bâties et revêtues ont crû ainsi trois fois plus vite que la population (1,5 % par an entre 1981 et 2012 contre 0,5 %). En projetant la tendance jusqu'en 2030, la part de ce type de surface artificialisée pourrait passer de 6 à 8 % du territoire métropolitain (cf. graphique), soit une augmentation d'un tiers de la surface actuellement imperméabilisée.

LES LOGEMENTS INDIVIDUELS SONT 15 FOIS PLUS CONSOMMATEURS D’ESPACE QUE LE COLLECTIF

Alors même que la construction de logements collectifs a fortement progressé et dépasse depuis 2010 celle des logements individuels, 46 % des sols artificialisés sur la période 2006-2014 servent aux logements individuels (dont plus de la moitié pour les pelouses et jardins), face à 3 % pour les logements collectifs. Cela s'explique en grande partie par le fait que les nouveaux logements individuels se localisent souvent en périphérie alors que la construction collective se réalise davantage dans la ville, sur des terrains qui étaient déjà artificialisés.

Le logement individuel a-t-il encore sa place partout ?

Il apparait que la maison individuelle est encore le rêve de beaucoup de locataires. Mais il est de plus en plus clair qu’il ne sera pas possible de construire des maisons individuelles partout sans tenir compte de l’impact sur l’environnement et la multiplication des événements climatiques violents.

Il faut maintenir des espaces sauvages autour des villes pour lutter contre la pollution et l’imperméabilité des sols, l’agriculture de proximité (circuits courts) pour garantir une alimentation saine ne nécessitant pas de transports carbonés.

Alors que les centres-villes se vident et sont livrées aux marchands de sommeil, les périphéries sont grignotées par des lotissements qui imperméabilisent les sols et détruisent la biodiversité.

La réhabilitation des Centres-Villes et l’arrivée d’habitants peu mobiles qui n’occuperont pas de nouvelles zones perméables et consommeront sur place faisant vivre le commerce local devraient être étudiées.

Il faut aussi concevoir une nouvelle architecture collective éloignée « des cages à lapins » garantissant à la fois le bien vivre chez soi et les rapports sociaux.

Pour en savoir plus :

Objectif «Zéro artificialisation nette

Protéger la biodiversité

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Date de dernière mise à jour : 27/10/2018