Anzin_Jaurès


 

Anzin Jaurès

 

Les ayants droit ne partiront pas

 
Compte rendu cvi
 

Poussés par Maisons et Cités à quitter leur logement pour une opération immobilière, les Ayants droits se sont battus avec la CGL : Ils ne partiront pas !

 
 

Comment en est-on arrivé là ? 

 
 

Il était une fois une résidence située au 32 et 34 rue Jean Jaurès à ANZIN 59410 dans le département du NORD à la périphérie de VALENCIENNES. La résidence s’est progressivement vidée de ses occupants car le bailleur Maisons et Cités (M&C), héritier du patrimoine des Houillères du Nord-Pas de Calais, n’a plus attribué de logements depuis longtemps. Il n’a pas non plus réalisé beaucoup de travaux d’entretien. 7 logements sont encore occupés. La plupart des habitants sont des ayants droit. Un ayant droit est un ancien mineur, son conjoint survivant et toute personne à charge. Leur droit c’est de continuer à bénéficier du loyer gratuit (hors charges) comme au temps des Mines. Il est pris en charge par l’Etat par l’intermédiaire de l’Agence Nationale de Gestion des Droits des Mineurs (ANGDM) qui le règle à M&C et garantit la jouissance de tous leurs droits.

Relativement âgées ils vivaient là, depuis de longues années, entourés de leurs voisins familiers et de leurs souvenirs qui tapissent les murs de leurs logements. A l’arrière du bâtiment un espace verdoyant et des jardins, la passion du mineur qui venait y chercher l’oxygène qui lui manquait au fond de la Fosse. A proximité des commerces et des services, un lieu paisible auquel chacun des habitants s’est attaché.

 
 

Mais au loin le ciel s’obscurcissait ...

et tournait à l’orage…

Début avril M&C envoyait un agent de cité pour faire part à chaque locataire individuellement, sans ménagement, qu’ils devront quitter leur logement car de très gros travaux de réhabilitation commenceront début septembre nécessitant un déménagement. Le départ serait définitif. Les loyers seraient selon lui trop chers pour leurs moyens… Un véritable tremblement de terre ne les aurait pas davantage bouleversés et s’en est suivi une rapide descente dans la déprime.

Comment est-il possible de traiter des personnes âgées et fragiles avec autant de désinvolture et si peu de considération en contradiction avec tous les préceptes du Mouvement HLM et ce que l’on peut lire sur le site web de Maisons & Cités :

 
 

« Certains de nos clients méritent une attention plus particulière que d’autres. Entendons par là, les séniors et les personnes en situation de handicap qui ont besoin de vivre dans un logement et un environnement adaptés à leurs besoins. Une question de dignité pour nos clients, un enjeu humain et social pour notre Groupe. De par son histoire, Maisons & Cités a une grande responsabilité vis-à-vis des populations âgées du bassin minier, tout particulièrement à l’égard des ayants droit du régime minier. Soucieux du bien-être de ses résidents fragilisés, Maisons & Cités a développé différents dispositifs destinés à améliorer leurs conditions de vie, à lutter contre l’isolement et à leur assurer un véritable parcours résidentiel ».

Voir sur le Site Maisons & Cités >>>

Le sentiment qui prédomine est celui de la révolte devant ce double langage.

 
 

Pierre FLAHAUT Délégué Départemental de la CGL raconte :

« J’ai été contacté par l’un des habitants qui connaissait la CGL pour avoir mené avec succès une action à propos des charges locatives.

Lorsque j’ai pris la mesure du problème mon sang n’a fait qu’un tour. Je suis né dans le Pays Minier et je connais les mineurs qui ont accompagné ma jeunesse et comme les autres j’ai été élevé dans le respect de ces hommes à qui l’on a demandé de travailler durement pour le redressement de la France après la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui, voir ces gens, ces femmes seules bouleversées m’a profondément révolté et m’a survolté pour les aider à se battre. ».

 
 

Le 20 avril, une première réunion d’habitant a eu lieu chez l’un des leurs. Elle a permis pour resserrer les liens et redonner l’espoir. Tous ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas partir et ont dénoncé la méthode de l’agent de cité qui a fait pression sur les habitants sans le moindre ménagement.

Une position commune a été arrêtée : Celle de ne pas accepter de déménagements individuels à l’extérieur de la résidence. De plus aucun logement proposé n’a été susceptible d’apaiser les craintes des habitants.

Une lettre a été adressée au responsable de l’Antenne d’Aniche et du projet pour l’informer de la position adoptée, dénoncer la méthode employée et demander une réunion de locataires.

 

Puis c’est toute la CGL de Maisons & Cités qui s’est mobilisée...

 

 
 

Tous ceux qui pouvaient apporter leur aide à la résolution

de ce problème ont été contactés.

En premier lieu l’ANGDM qui a son siège à Noyelles s/Lens.

Jacques HOUZEAU responsable CGL du secteur Lens – Bruay a contacté l’ANGDM pour solliciter son aide en tant que garant des droits des mineurs. Il a également pris contact avec la Presse.

Monsieur Jacques VERNIER, Président du Conseil d’Administration de M&C a également été contacté et a suivi le dossier.

Le 10 mai, les habitants se sont réunis une dernière fois pour préparer la rencontre avec le bailleur prévue le 19 mai à 15 heures. Une motion a été signée à l’unanimité.

Vendredi 19 mai la Voix du Nord - édition de Valenciennes - Denain publie un premier article reprenant les propos du Délégué Départemental de la CGL et des Ayants droits.

 

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Fresnes sur Escaut 15 heures...

La rencontre s’ouvre à l’agence M&C de Fresnes sur Escaut à proximité d’ANZIN. Sur les 7 locataires, 5 sont présents. Les absents se sont excusés. Pour M&C, sont présents MM DILLY, Directeur de l’Agence d’ANICHE ; TIELIE (Maîtrise d’Ouvrage), RANDOUR (Antenne Fresnes sur Escaut), BEN YASMINA (Chargé de Clientèle). Etaient également présents M. SZYMCZAK, Directeur de l’ANGDM et M. SOCHA Service Habitat-Logement de la Commune d’ANZIN.

Après une introduction un peu tendu, M. DILLY annonce que le projet a changé. M. SZYMCZAK a pris la parole pour mettre fin aux propos polémiques. Au grand soulagement des locataires, il présente au tableau le schéma de l’opération. Les locataires resteront dans leur immeuble mais ils devront provisoirement déménager dans un logement de l’autre entrée le temps des travaux. Face aux dernières inquiétudes des ayants droit, il les rassure définitivement en leur disant, haut et fort, qu’ils n’avaient rien à craindre et que l’Agence veillerait à ce que leurs droits soient préservés.

 

 
 

L’Action collective a payé…Ils ont gagné…

Fierté et satisfaction du travail accompli...

La CGL est fière d’avoir redonné joie de vivre à ces personnes désemparées. Leurs remerciements nous ont beaucoup touchés. Tous les habitants ont salué l’action efficace de la CGL59 : solidarité, détermination, rapidité, efficacité. Une véritable action commando.

La Voix du Nord du secteur Valenciennes-Denain du dimanche 21 mai publie un second article de presse pour annoncer la nouvelle.

 

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C’est une action qui dépasse largement ce petit coin de résistance…

Tous les ayants droit doivent s’appuyer sur elle avec la CGL pour refuser d’être considérés comme des pions.

Du moins une première bataille a été gagnée mais la vigilance est de mise. Il ne faut pas baisser la garde. Il faut que l’accord soit appliqué dans l’esprit où il a été discuté.

Le chantier qui se prépare doit nous inviter à la prudence notamment sur le plan de la facture énergétique.

La résidence dispose actuellement d’une chaufferie collective. C’est de loin le mode de chauffage le plus économique. Surtout si le bailleur négocie bien le contrat de livraison de carburant dans un sens favorable aux locataires.

Détruire le chauffage collectif existant pour installer des chaudières individuelles serait une faute écologique et sociale. Ce sont les locataires aux revenus les plus modestes qui seront les plus touchés. Il est fréquent que dans des logements sociaux équipés de chaudières individuelles, des locataires renoncent à se chauffer ou utilisent des chauffages d’appoint à cause de la facture énergétique. Opter pour le chauffage individuel au seul fait qu’il soit directement modulable par le locataire est une erreur ou une vision purement commerciale en vue d’attirer des locataires aisés pour qui la facture énergétique (et écologique) n’est pas un problème.

La CGL demande une étude comparative d’efficacité et de prix de revient entre le chauffage collectif et l’individuel dans le cadre de la rénovation du 32-34 rue Jean Jaurès.

Rejoignez la CGL 59-62, adhérez

Voir également sur le site national de la CGL

 

 
 
 
Bandeau dlg 59 62 2

Date de dernière mise à jour : 01/10/2017