La Concertation en panne

On s’interroge : Est-ce une anémie passagère ou une déprime liée à une conjoncture difficile ? Nous ne le savons pas encore mais nous y travaillons en consultant les parties prenantes afin de trouver les remèdes. Ces traits d’humour ne font pas oublier nos craintes à son sujet.

Lors des élections HLM de décembre 2014, la liste Union pour un Logement Solidaire présentée par la CGL a obtenu la majorité des voix (54,44%) sur une orientation claire : développer une Concertation Participative permettant au locataire d’être entendu et de recevoir des réponses rapides et pertinentes à ses attentes. Par ailleurs dès sa prise de fonction, M. BRENOT, nouveau Directeur Général a exprimé clairement sa volonté d’associer davantage les locataires et leurs représentants aux décisions qui les concernent. Ce nouveau discours a réjoui nos oreilles et suscité une espérance. Nous lui avons fait part de notre adhésion vigilante à cette orientation qui se rapprochait de nos aspirations et marquait une rupture avec les pratiques passées.

Après un an de mandat si le discours n’a pas changé, il faut se rendre à l’évidence que le bilan est mitigé notamment du côté de la concertation institutionnelle prévue par la loi avec le Conseil de Concertation Locative :

En 2014, une seule réunion de CCL (à l’arraché en novembre). En 2015, aucune réunion à part celles consacrées à l'élaboration du Plan de Concertation Locative. Celui-ci a défini plusieurs sujets prioritaires : (lire ici) ainsi que les moyens sur lesquels nous sommes très réservés au regard des efforts d’autres bailleurs et des recommandations de l’Union Sociale pour l’Habitat (USH), le collectif national des organismes HLM.

Un accord national important créant un cadre de référence pour les Plans et Conseils de Concertation Locative a été signé le 24 novembre 2015 entre les associations de locataires : l’AFOC, la CGL, la CLCV et la CSF et pour les représentants des bailleurs sociaux : l’Union sociale pour l’habitat, la fédération nationale des Offices Publics de l’Habitat, la fédération nationale des Entreprises sociales pour l’habitat, la fédération nationale des Sociétés coopératives d’Hlm et la fédération des Associations régionales d’organismes d’habitat social. Le Président de la CGL, Michel Fréchet a salué les avancées contenues dans cet accord.

Il faudrait que NOREVIE s’en inspire davantage au-delà des annonces.

Le Plan issu des négociations, nous l’avons signé fin juin 2015 (voir ici§). Un blocage n’aurait pas arrangé les choses. Nous aurions risqué d’être encore aujourd’hui en train de discuter de ce plan et de tourner en rond alors que les locataires attendent des résultats. Pour jouer notre rôle au mieux, nous avons besoin de moyens pour faire face aux frais engendrés par le travail de terrain (matériel, fournitures, déplacements). Notre action est entièrement bénévole et les bailleurs reconnaissent de mieux en mieux le bénéfice qu’ils peuvent en retirer donc par conséquent les locataires. Cette avancée intellectuelle doit se concrétiser dans les moyens mis à disposition mais le débat continu.

Loin de nous l’idée d’oublier ou de minimiser les points positifs depuis la mise en place de la nouvelle Direction. Nous avons accueilli avec satisfaction la prise en charge par NOREVIE des frais de campagne pour les élections HLM. Nous en avons fait bon usage. De même que la promesse de pouvoir s’exprimer dans un journal diffusé à tous les locataires. La CGL l’avait demandé lors de la négociation du précédent PCL en 2010 mais les autres organisations de locataires et NOREVIE s’étaient liguées pour rejeter notre proposition. 

Dans ce domaine la place des organisations nationales agréées devrait être prépondérante car les locataires ne savent pas assez le rôle difficile qu’elles jouent pour la défense de leurs intérêts or, La CGL première organisation en voix chez NOREVIE, n’a toujours pas pu s’exprimer.

La Concertation avec les organisations confédérées est-elle vraiment encore une priorité ? Suite à ce constat on peut se poser la question.

L’occupant d’un logement est à la fois locataire et habitant d’un lieu. En tant que locataire il a des attentes à exprimer au bailleur dans le cadre de son contrat de location. L’habitant observe et apprécie son cadre de vie résidentiel sur lequel le bailleur n’est pas seul à intervenir mais aussi le quartier, la ville, les organismes sociaux.

Nous ne pourrions accepter que la prise en charge du « bien vivre ensemble » fasse diversion sur le « mal vivre chez soi » engendré par les désagréments quotidiens d’un logement aux multiples dérangements comme nous le rencontrons sur le terrain. Surtout lorsque le locataire ne trouve pas, chez son bailleur, d’interlocuteur capable de l’écouter et répondre à ses attentes. Les deux domaines doivent être complémentaires et se renforcer mutuellement.

La Concertation Locative doit d’abord s’attaquer à ces problèmes. Ce sentiment d’abandon est parfois à la base de rejets et de mauvais comportements lorsqu’il n’est pas pris en compte.

  • Développer et fluidifier le mouvement ascendant et descendant des informations et doléances émises par les locataires.
  • Améliorer l’interconnexion des différents niveaux d’intervention et le retour d’informations afin qu’aucune réclamation ne se perde en chemin.

Les bailleurs reconnaissent le rôle irremplaçable des organisations confédérées dans le débat grâce à leur capacité à appréhender les problèmes sur tous leurs aspects : politique, économique, sociaux et à tous les niveaux de décision, du local au national. Cela se retrouve dans les études qu’elles mènent sur le terrain auprès des habitants.

Les associations de quartier ou d’immeuble, affiliées ou non, en créant du lien social agissent sur le cadre de vie. Elles expriment aussi les attentes des habitants en matière de logement. Nous aidons les habitants à s’organiser en collectifs ou associations pour s’exprimer et agir.

Là où ils ont été installés, les Habitants Relais jouent aussi un rôle important et complémentaire pour le développement du lien social et les actions concertées pour le « mieux vivre ensemble » et l’amélioration du cadre de vie. Leur réseau permet une remontée et un suivi plus proche des habitants en cas de problème de logement.

Il y a donc matière à l’optimisme pour l’avenir. Les outils existent. Même si les résultats tangibles pour les habitants locataires se font attendre. Chacun doit s’interroger pour savoir ce qu’il fait pour améliorer les choses. On ne peut pas rester spectateur et distribuer les bons et mauvais points. Il faut mettre la main à la pâte.

Quand à nous, la CGL nous seront toujours : La Voix, les Yeux et les Oreilles des locataires.

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